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ATELIER ECRITURE

A partir du 14 Novembre 2009

"Charonne : Mémoire d'hier et d'aujourd'hui"

 

 

 

 

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE AVEC MOHAMED KACIMI

 

« Charonne Mémoire d’hier et d’aujourd’hui »

 

 

 

 

1.      Présentation :

 

Objet : Confluences propose un atelier d’écriture autour de la mémoire de la manifestation de Charonne organisée le 8 Février 1962, contre les crimes de l'OAS  et pour la paix en Algérie.

 

L’atelier « Charonne Mémoire d’hier et d’aujourd’hui », principalement animé par l’auteur Mohamed Kacimi, sera ouvert à tous et gratuit, et aura lieu deux samedis par mois à Confluences, à raison de trois heures par séance de travail.

 

 

 

2.      Rappel des faits :

 

À l'appel du Parti Communiste Français et d'autres organisations de gauche, une manifestation est organisée à Paris le 8 février 1962, pour dénoncer les agissements de l'OAS et la guerre qui fait rage en Algérie. Cette manifestation interdite par les autorités françaises, étant donné le contexte des plus tendus et l'état d'urgence décrété en avril 1961, aura lieu néanmoins. Avec l'accord du ministre de l'intérieur Roger Frey et du président de la République Charles de Gaulle, le préfet Maurice Papon donne l'ordre de réprimer cette manifestation. Parmi les manifestants qui essayent de se réfugier dans la bouche de la station de métro Charonne, neuf personnes y trouvent la mort, étouffées ou à la suite de leurs blessures. Ces neufs victimes qui viennent de manifester contre l’occupation en Algérie, sont toutes françaises.

 

 

3.      Concernant l’atelier :

 

L’auteur Mohamed Kacimi sera en résidence d’écriture à Confluences autour du thème de la «Mémoire de Charonne»  tout au long de l’année 2009-2010. Cette dernière s’articulera autour d’un atelier d’écriture, de rencontres avec des historiens, écrivains et cinéastes qui mènent une réflexion sur la Guerre d’Algérie, sa mémoire, ses implications et ses conséquences actuelles.

Il s’agit là d’initier une interactivité entre les habitants du quartier porteurs d’histoires individuelles et un projet de création littéraire propre à l’auteur.

 

Le thème abordé par l’atelier touche toute une population ayant vécu ces évènements malheureux il y a maintenant prés de cinquante ans. Ce projet propose l’élaboration d’un travail sur la transmission de la mémoire à destination des plus jeunes qui ignorent tout ou partie de cette guerre qui fait bien souvent partie de leur histoire familiale.

Cet atelier a pour ambition d’impliquer dans la réalisation de ce recueil de témoignages et de ce travail d’écriture, des habitants de toutes générations du XXe arrondissement et particulièrement du quartier autour de la station Charonne, qui fut le théâtre de ces évènements et en garde une mémoire bafouée.

Cette collecte de mémoire auprès d’habitants du quartier, du tissu associatif, de syndicats et de scolaires permettra un travail « d’enquête de mémoire » visant tout à la fois la génération actuelle et celle qui a vécu la guerre d’Algérie :

« Que reste-t-il de cette guerre dans les mémoires de ses protagonistes ? »

« Que sait-on de cette guerre aujourd’hui ? ».

 

Il s’agit, au sein de cet atelier, de susciter la prise de parole collective autour de ces évènements, de faire découvrir l’écriture de l’auteur Mohamed Kacimi qui s’attachera à créer une pièce fresque autour du massacre de Charonne perpétré en Février 1962. A l’issue de cet atelier, une équipe de comédiens du Jeune Théâtre National proposera des lectures des textes élaborés.

 

Au cours des séances, des interventions et rencontres d’historiens, de sociologues et de metteurs en scène seront mis en place pour accompagner la compréhension du contexte de ces évènements.

 

 

4.      Mohamed Kacimi :

 

Biographie :

Poète, romancier et dramaturge, Mohamed Kacimi-El Hassani est né en 1955 à El Hamel, ville sainte des hauts plateaux d’Algérie dans une famille de théologiens.
Tout en poursuivant ses études coraniques, l’auteur est inscrit à l’école française. Son enfance et son adolescence se passent dans des changements perpétuels de ville qui mènent la famille d’Adrar à Alger.

Adolescent, il découvre Rimbaud et les surréalistes. Fourier et Proudhon. Il décide d’écrire alors en français. Après des études de littérature française à l’Université d’Alger, Mohamed Kacimi quitte l’Algérie en 1982 pour s’installer à Paris. Là, il rencontre les poètes Bernard Noël et Eugène Guillevic avec qui il publie plusieurs traductions. En 1987, il publie son premier roman Le Mouchoir (édité chez l’Harmattan). Deux années plus tard, il cosigne avec Chantal Dagron, Arabe vous avez dit arabe ? (édité chez Balland–1990) un florilège des regards que les écrivains d’Occident ont posé sur le monde arabe et l’Islam depuis Eschyle jusqu’au général de Gaulle. En 1991, au premier jour de la guerre du Golfe, il est envoyé spécial à la Mecque par le journal Actuel.

Passionné par la Bible, il entreprend avec Chantal Dagron l’écriture d’un essai sur l’imaginaire religieux du désert, Naissance du désert (édité chez Balland– 1992). Il est alors, avec le poète irakien Chawki, l’un des initiateurs du projet de la Maison Rimbaud à Aden et effectue de nombreux séjours au Yémen auquel il consacre un reportage dans Le Monde et collabore régulièrement à France Culture. Il publie Le Jour dernier son second roman (édité chez Stock–1995). Mohamed Kacimi décide alors de se tourner vers le théâtre par souci d’immédiateté de l’écriture. Il écrit 1962 une évocation des utopies et des rêves de l’enfance algérienne. La pièce, publiée chez Actes Sud, est mise en scène par Valérie Grail. Elle obtient le prix Lugano du Théâtre. Elle est aussi traduite en anglais et mise en scène par Françoise Kourilsky à l’Ubu theater de New York. Il publie pour le jeune public, un roman Le Secret de la reine de Sabah (édité chez Dapper). Une version théâtrale en est tirée, et primée par le Ministère de la Culture en 1999.

Lauréat du prix Afaa-Beaumarchais, il écrit, lors d’un séjour au Sinaï, La Confession d’Abraham. L’ouvrage est publié alors aux éditions Gallimard. Mis en scène par Michel Cochet, lors du festival des Francophonies de Limoges, il est sélectionné pour la clôture des journées Beaumarchais au Studio de la Comédie-Française en juin 2001 et fait l'ouverture de la saison 2002 du Théâtre du Rond-Point.

Mohamed Kacimi anime plusieurs ateliers d’écriture autour des thèmes de la Genèse à Nancy, Saint Denis, Stains et Dreux.

Mohamed Kacimi est l’auteur d’une encyclopédie du Monde arabe parue aux éditions Milan, 2001.

Il a signé l'adaptation de Nedjma, le roman de Kateb Yacine, au Studio de la Comédie-Française en 2002. Sa pièce, Terre Sainte, a été publiée à l’Avant-Scène Théâtre. Il a conçu également le spectacle Présences de Kateb, mis en scène par Marcel Bozonnet à la Comédie- Française en 2003. Son dernier ouvrage, L’Orient après l’amour, est publié aux éditions Actes Sud.

Il est actuellement Délégué Général d'Écritures Vagabondes, association qui organise notamment des résidences d'écriture internationales.

 

L’auteur parle de l’atelier :

 

Mon aventure théâtrale a commencé, il y a dix ans au théâtre du Soleil. À la demande d’Ariane Mnouchkine, j’avais recueilli à l’époque ce que la poésie et le soufisme avaient initiés comme rires et révoltes face au dogme et aux interdits en terres d’Islam. Ce fut la création de “ Le vin, le vent, la vie ”. Ce spectacle sera donné au festival d’Avignon en 1997.

 

Cette année là, j’écrivais ma première pièce « 1962 » publiée aux éditions Actes sud. La pièce mise en scène par Valérie Grail se voulait comme un point d’interrogation posé sur cette date fatidique qui scelle la séparation, politiquement et militairement, de la France avec l’Algérie.

En 2006, j’ai écrit à l’issue de plusieurs séjours en Israël et dans les territoires palestiniens, une autre pièce « Terre Sainte » publiée aux éditions de l’avant scène. L’enjeu de cette pièce aussi était, non pas de condamner ou de fustiger mais de faire sentir comment cette guerre insensée fini par broyer les bourreaux comme les victimes. Cette pièce traduite dans plusieurs langues se joue aujourd’hui à Tel-Aviv, Londres, Copenhague et Hambourg.

 

Cette année, j’ai eu un grand choc à la lecture de la monumentale enquête menée par Alain Dewerpe sur le « Massacre de Charonne » en 1962. L’auteur, fils d’une des victimes, aujourd’hui professeur à l’Ecole des Hautes Etudes, s’est livré à une étude érudite d’anthropologie historique sur ce sujet.

Mon souhait serait de partir de ce matériau historique et de le confronter à la mémoire des lieux et des habitants aujourd’hui pour mesurer ce qui reste ou ne reste pas de cette histoire occultée. Le processus d’écriture me permettra également d’intervenir en présence d’historiens auprès des scolaires, étudiants ou lycéens, pour rappeler comment l’exigence de mémoire peut servir et rétablir la vérité.

La pièce mettra en scène des personnages inspirés des protagonistes de cette affaire pour répondre à cette question : Pourquoi à la moindre crise, un Etat aussi démocratique soit–il donne-t-il à la police le droit de vie ou de mort sur les citoyens.

La pièce sur Charonne sera proposée à des théâtres pour le 50 ème anniversaire du massacre de Charonne.

 

Pour mener à bien ce projet d’écriture, j’ai sollicité l’espace « Confluences » situé justement Boulevard Charonne. Mais mon choix n’est pas dicté juste par la géographie du lieu. J’ai eu l’occasion de rencontrer son directeur, Ariel Cypel, lors du travail remarquable qu’il avait fait dans son spectacle « MurMure » autour de la condition des prisonniers palestiniens en Israël.

J’ai donc choisi ce lieu, non seulement, pour sa proximité géographique avec les lieux de la Mémoire mais surtout pour le sens éthique et politique qu’il donne au théâtre aujourd’hui : écrire sur le monde.

Par fidélité sûrement à cette assertion de Brecht : Si le théâtre oublie le monde, le monde finira par oublier le théâtre.

Mohamed Kacimi

 

 

5.      L’espace Confluences :

 

 

v       Un Espace pluridisciplinaire

 

L’offre culturelle à Paris est d’une telle abondance que les lieux ciblent en général un public déterminé. La pluridisciplinarité oblige naturellement à chercher des publics d’origines et de curiosités différentes. Pour répondre à ce défi nous avons choisi de développer une « pluridisciplinarité thématique ».

Le théâtre, la projection de films documentaires, les expositions photographiques et les arts numériques sont associés autour d’un thème durant plusieurs semaines.

 

Il est question de proposer aux spectateurs une « circulation » autour d’un sujet donné au travers d’une variété de regards artistiques. Au lieu de cibler « un public », l’espace Confluences donne « aux publics » la possibilité de se laisser surprendre et de découvrir plusieurs réponses à une même interrogation.

Cela permet de s’interroger sur l’urgence qui anime la création artistique et pourquoi les artistes ressentent-ils le besoin d’évoquer un même sujet.

 

Le choix de la « pluridisciplinarité thématique », a immédiatement posé la question du sens à donner à la programmation du lieu. L’idée de l’engagement politique et artistique est l’un des fondements du travail à Confluences.

Il s’agit de donner au public l’occasion d’appréhender le monde par les yeux des artistes.

 

 

L’atelier d’écriture proposera en ce sens, des activités théâtrales, des lectures, une exposition, des projections et des débats pour le 48ème anniversaire de la manifestation de Charonne.

 

 

v       Les spécificités  de Confluences

 

 

Le Théâtre, les auteurs 

 

Concernant les activités théâtrales, Confluences a développé une réflexion autour du théâtre du réel et de la mémoire. La spécificité de la programmation de cet espace culturel réside en partie dans l’adaptation pour le jeu scénique de textes dits « non théâtraux ».

Ainsi, plusieurs spectacles ont été créé dans ces locaux, autour des œuvres de Jean Hatzfeld, Varlam Chalamov, Eric Sarner, Michel Del Castillo, Hubert Selby, Michel Foucault, Joël Egloff etc...

 

MurMure, le dernier spectacle produit et créé à Confluences, a connu un grand succès public et critique. Le texte est issu de conversations téléphoniques entre un ancien détenu palestinien Mahmoud Al-Safadi et la journaliste israélienne Amira Hass.

 

Cette spécificité théâtrale offre une mise en perspective et en scène des drames qui secouent notre monde. La force de ce choix artistique est de donner aux artistes une liberté totale dans la forme qu’ils ont choisie et dans l’adaptation des textes.

 

 

C’est pourquoi, le 8 février 2010, à l’occasion du 48 anniversaire de Charonne, le théâtre organisera une série de débats, de rencontres et de projections autour de cette affaire. En Avril 2009, l’auteur présentera au public et aux professionnels une mise en espace de son texte final.

 

6.      Calendrier :

 

 

Novembre 2009 à février 2010

 

·          21 Novembre 2009-Février 2010 : Atelier bimensuel d’écriture.

·          Janvier 2010 : travail avec les comédiens du Jeune Théâtre National sur la mise en espace des textes.

·          5, 6 et 7 Février 2010 : Week-end de mémoire avec projection, débats et rendu des travaux.

 

 

 

 

Infos pratiques :

 

Nombre maximum de participants : 20

 

Horaires : 10h-13h

 

Lieu :

 

CONFLUENCES

190 Bd de Charonne

75020 Paris

 

 

Contact :

 

Pédeboscq Marine :

Tel Confluences : 01 40 24 16 34

                            06 86 65 02 07

Mail : marine.confluences@gmail.com